LES COMMUNIQUES


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Action urgente à Médina Gounass

Informé du dénouement tragique d'une descente à Médina Gounass de la gendarmerie de Kalifourou, le 18 Février 2003, qui a coûté la vie à l'adjudant-chef Abdoulaye CISSE, tué par un hors-la-loi du nom de Rouddouyanké (coupeur de routes en pulaar), l'Observatoire des droits humains de la RADDHO de Kolda (sous-section de Vélingara) a immédiatement dépêché une délégation de 04 membres sur les lieux pour s'informer de la situation.

La délégation a pu recueillir les informations suivantes : le 18 février 2003, la gendarmerie de Kalifourou avait repéré la présence, à Médina Gounass, de cet homme qui était activement recherché, car non seulement faisant partie d'une bande armée, mais également fortement soupçonné d'être le meurtrier d'Ali BALDE, tué le 12 mai 2002 à Médina Gounass, le jour même du scrutin des Locales.
Appréhendé chez lui, l'assassin parviendra à s'enfuir et sera poursuivi par trois gendarmes.

Après avoir essuyé les tirs des trois gendarmes, le Rouddouyanké, apparemment invulnérable aux balles tirées par ces derniers, engagea la riposte après l'épuisement total des balles des gendarmes.

C'est alors qu'il atteignit mortellement l'adjudant-chef Abdoulaye CISSE et blessa grièvement les deux autres, qui seront évacués d'abord à Tamba puis à Dakar.

Neuf mois après l'assassinat d'Ali BALDE, militant de la RADDHO, l'adjudant-chef Abdoulaye CISSE vient ainsi allonger la liste des morts dans cette contrée.

L'Observatoire des droits humains de la RADDHO / Kolda exprime sa très profonde préoccupation par rapport à la situation de non droit qui prévaut à Médina Gounass où l'Etat ne semble avoir ni le monopole ni les moyens de l'exercice de la violence légitime.

La RADDHO :

  • Condamne vigoureusement cet assassinat qui pose le problème majeur de la gendarmerie, de la police, de leurs moyens matériels et humains et de leur capacité à remplir leur mission de protection des biens et personnes ;
  • Invite les autorités à interdire la circulation et la commercialisation des armes légères.
  • Exhorte l'État à prendre toutes les mesures nécessaires pour éradiquer le cancer de l'impunité.
  • Invite vivement les chefs religieux sénégalais dont l'autorités est reconnue par les différentes parties à s'engager immédiatement dans une action de médiation pour permettre le dialogue et le règlement pacifique d'un conflit qui dure depuis vingt (20) ans.

Fait à Dakar le 25 Février 2003
Le Secrétariat Général

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