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Mauritanie : Halte au verrouillage des institutions républicaines

La RADDHO condamne le coup d'État militaire intervenu en Mauritanie du samedi 8 au dimanche 9 Juin 2003. Mais elle met en garde les présidents dinosaures et ethnocrates qui se maintiennent par le jeu de la manipulation des institutions, par la répression des leaders de l'opposition, le harcèlement et l'intimidation des défenseurs des droits humains, par la censure de la presse libre, bref par le verrouillage global du système démocratique. Ce type de régime qui caractérise la Mauritanie, la Guinée Conakry, le Togo, la Guinée Bissau, le Libéria, la Gambie inscrit dans son propre fonctionnement, ce que l'on peut considérer comme " le syndrome d'A.T.T " c'est à dire les coups d'État militaires perçus comme des actes de " libération nationale ", seuls capables de mettre fin à des dictatures d'un type nouveau (exemple de la Côte d'Ivoire avec le Général GUEI et la RCA avec le Général BOZIZE)

La RADDHO recommande :

- Aux autorités mauritaniennes,
· d' organiser une grande concertation nationale pour faire l'Etat des lieux de la démocratie en Mauritanie afin d'explorer de façon consensuelle les voies non violentes de règlement des conflits et d'accès au pouvoir d'Etat, seule réponse raisonnable à ce qui vient de se passer dans une Mauritanie menacée par les contradictions religieuses, tribales et géopolitiques.

- A la CEDEAO, l'Union Africaine,
· de ne plus se contenter des condamnations de principe, des coups d'État qui interviennent dans la sous-région, mais d'examiner très minutieusement leurs causes profondes afin d'élaborer des normes qui permettent d'isoler politiquement et diplomatiquement tous les régimes ethnocratiques dirigés par des dinosaures, dont la gestion politique constitue la véritable menace pour la paix et la sécurité de la sous-région.

La RADDHO rappelle que la Mauritanie fait partie des vingt pays à risques listés dans son rapport annuel 2002 publié le 9 Mai dernier. Mais la Mauritanie est aujourd'hui un cas d'école dans la mesure où le coup d'État est intervenu dans la période préélectorale et non pendant ou après les élections. D'où l'intérêt d'accentuer la pression sur la Mauritanie pour que les réformes démocratiques et institutionnelles garantissant l'organisation d'une élection présidentielle libre et transparente au mois de Novembre prochain, soient prises dès maintenant pour répondre aux aspirations légitimes des populations.

Le Secrétaire Général
Alioune TINE

Fait à Dakar le 10 Juin 2003

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